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Le major Hawker

Event ID: 145

23 novembre 1916

50.04398164288403, 2.8345021710831597
South of Bapaume
Bapaume

Source ID: 4

Der rote Kampfflieger von Rittmeister Manfred Freiherrn von Richthofen, 1917, 351.000 - 400.000, Verlag Ullstein & Co, Berlin-Wien

« Major Hawker Ce dont j’étais le plus fier, c’est d’apprendre un beau jour que l’Anglais que j’avais abattu le 23 novembre 1916 était l’Immelmann anglais. D’après le combat aérien, j’aurais dû me douter que c’était à un sacré gaillard que j’avais affaire. Un beau jour, je volais joyeusement à la chasse et j’observais trois Anglais qui n’avaient apparemment rien d’autre à faire que de chasser. J’ai remarqué qu’ils me faisaient de l’œil et comme j’avais envie de me battre, je me suis laissé faire. J’étais plus bas que l’Anglais, je dus donc attendre que le frère me pousse vers le bas. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’il arrive à la voile et tente de me prendre par derrière. Après les cinq premiers coups, le client a dû s’arrêter, car j’étais déjà dans un virage serré à gauche. L’Anglais essayait de se placer derrière moi, tandis que je tentais de me placer derrière l’Anglais. Nous tournions ainsi tous les deux en rond comme des fous, le moteur à fond, à trois mille cinq cents mètres d’altitude. D’abord vingt fois à gauche, puis trente fois à droite, chacun cherchant à passer au-dessus et [104] derrière l’autre. J’ai vite compris que je n’avais pas affaire à un débutant, car il ne lui est pas venu à l’esprit d’arrêter le combat. Il avait certes une caisse très maniable, mais la mienne montait mieux, et je réussis ainsi à passer au-dessus et derrière l’Anglais. Après être ainsi descendus de deux mille mètres sans avoir obtenu de résultat, mon adversaire devait en fait se rendre compte qu’il était grand temps pour lui de se défiler, car le vent qui m’était favorable nous poussait de plus en plus vers nos positions, jusqu’à ce que j’arrive enfin presque au-dessus de Bapaume, à environ un kilomètre derrière notre front. L’impertinent eut alors encore l’impudence, alors que nous étions déjà à mille mètres d’altitude, de me faire un signe tout à fait joyeux, comme pour me dire : « Well, well, how do you do ? » Les cercles que nous faisions l’un autour de l’autre étaient si étroits que je ne les estimais pas à plus de quatre-vingts ou cent mètres. J’ai eu le temps de regarder mon adversaire. Je regardais verticalement dans sa carrosserie et pouvais observer chaque mouvement de tête. S’il n’avait pas porté sa casquette, j’aurais pu dire quel genre de visage il coupait. Peu à peu, même ce brave sportif en a eu assez et il a dû décider s’il voulait atterrir chez nous [105] ou retourner à ses lignes. C’est bien sûr cette dernière solution qu’il essaya d’adopter, après avoir tenté en vain de m’échapper par quelques loopings et autres plaisanteries. Mes premiers haricots bleus lui explosèrent à la figure, car personne n’avait encore réussi à tirer. A une centaine de mètres d’altitude, il essaya de s’échapper vers le front en zigzaguant, ce qui, comme chacun sait, ne permet pas de tirer depuis l’observateur. C’était le moment ou jamais pour moi. Je le suivais à cinquante ou trente mètres d’altitude, en tirant sans cesse. C’est ainsi que l’Anglais devait tomber. J’ai failli être privé de mon succès à cause d’une arme qui s’est enrayée. L’ennemi s’est écrasé d’une balle dans la tête, à environ cinquante mètres derrière notre ligne. Sa mitrailleuse s’est enfoncée dans la terre et orne maintenant l’entrée au-dessus de ma porte d’entrée ».

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